La motivation entrepreneuriale – 2ième partie

La motivation entrepreneuriale – 2ième partie

La première partie de ce billet concluait que nos valeurs fondamentales s’avéraient la meilleure source de motivation entrepreneuriale.

Vous connaissez sûrement de ces entrepreneurs qui exsudent les valeurs de leur entreprise au quotidien. Il n’y a aucun doute que ces valeurs sont également les leurs.  Que remarquez-vous chez ces entrepreneurs? Moi, c’est l’intensité de leur motivation. Ils ont une ‘’drive’’ remarquable. Ce sont généralement les entrepreneurs que j’admire le plus.

Afin de puiser notre motivation entrepreneuriale au sein de nos valeurs, encore faut-il bien les connaître.

Bien connaître ses valeurs

Lorsque je demande aux nouveaux entrepreneurs que j’accompagne quelles sont les valeurs fondamentales qui les animent, la question les prend souvent au dépourvu.

Ils (elles) doivent y réfléchir un bon moment et même alors leurs réponses identifient fréquemment leurs qualités plutôt que leurs valeurs.

La question devient alors, mais c’est quoi au juste une valeur?

Les définitions diffèrent depuis le temps de Platon et même avant. Celle que je vous présente n’est donc pas universelle.

Les valeurs (morales) sont les croyances pérennes et/ou les idéaux partagés au sein d’une même culture. Elles départagent le bien du mal. Elles ont une influence majeure sur le comportement et l’attitude. Nos valeurs servent de guide à nos actions/réactions au quotidien.

Cette définition nous fait également prendre conscience que nos valeurs sont rattachées à notre culture. C’est donc normal qu’une bonne partie de nos valeurs soient similaires à celles prisées par nos pairs.

Afin de différencier entre une qualité et une valeur, un bon exemple est la ponctualité. Être ponctuel est une qualité et non une valeur morale.

Bien que la ponctualité soit souvent un trait culturel, les gens qui sont fréquemment en retard ne sont certes pas de mauvaises personnes.

La ponctualité influence certains de nos comportements mais pas de manière majeure. Elle n’est pas, non plus, un baromètre qui guide nos actions/réactions au quotidien.

Si la ponctualité n’est pas une valeur, elle est par contre motivée par une ou des valeurs fondamentales.

Cette valeur pourrait être le respect (du temps de l’autre). Ce pourrait également être l’empathie (on nous ressentons la contrariété ou l’impatience de celle/celui qui attend).

Je suis certaine qu’en lisant cet exemple (tout comme moi en l’écrivant) vous avez pensé à des zones grises où qualités et valeurs peuvent s’entremêler.

Ce n’est donc pas évident de savoir quelles sont nos valeurs. C’est un exercice de réflexion qui prend du temps mais qui est essentiel à la motivation entrepreneuriale (et très utile pour votre bien-être également).

Si vous n’y arrivez pas par vous-même, il existe de nombreux tests (dont certains en ligne) pour vous aider à identifier vos valeurs.[1]

Une autre façon est de demander aux gens qui vous côtoient au quotidien les valeurs qu’ils perçoivent en vous. Il ne faut pas se fier entièrement à leurs réponses mais ça donne tout de même un très bon éclairage.

 

Le manque de motivation entrepreneuriale et l’abandon de vos projets

motivation entrepreneuriale - Baker Marketing Suite à des discussions avec des gestionnaires d’incubateurs et des centaines d’individus qui ont entrepris des projets d’entreprise, je peux vous assurer que la cause principale de  l’échec entrepreneurial (pour cause d’abandon) est la perte de motivation. La plupart des projets d’entreprises ne naissent pas légalement avant d’être abandonnés.

C’est la raison qui explique l’essoufflement de mon dernier projet entrepreneurial. Sur papier le projet était quasi-parfait. J’avais les partenaires idéaux, un marché lucratif presque prêt à adopter l’innovation que nous nous apprêtions leur proposer et des investisseurs qui montraient déjà un intérêt.

J’ai vite constaté que toutes mes autres tâches étaient plus prioritaires que celles rattachées à ce projet. En tentant de comprendre pourquoi, j’ai réalisé que mes motivations étaient toutes extrinsèques (argent, reconnaissance, apprentissage).

Il y a de nombreuses raisons pour perdre sa motivation. Dans une majorité des cas, le fait qu’elle n’était pas principalement ancrée dans les valeurs fondamentales est la raison dominante et/ou sous-jacente.

 

La procrastination et la perte de motivation entrepreneuriale

motivation entrepreneuriale - Baker Marketing Enfin, le dernier événement auquel j’ai assisté, et qui a déclenché ma réflexion sur la motivation entrepreneuriale, est une présentation sur la procrastination[2].

Il y a une multitude de raisons pour lesquelles nous procrastinons. Il y a également différents types de procrastination.

La plus importante est que notre cerveau accorde plus de valeur à la gratification instantanée qu’à une récompense plus tard dans le temps.

Si nous nous motivons surtout avec la promesse d’une récompense future (telle l’atteinte d’un objectif) nous sommes beaucoup plus susceptibles de nous laisser distraire par une activité qui nous offrira une récompense plus immédiate.

Une autre raison importante pour laquelle nous procrastinons est d’éviter le stress. Lorsque nous devons entreprendre une action qui est source de stress, notre cerveau cherche à se réconforter en faisant plutôt une action famillière ou qui est source de gratification.

Ça explique en partie pourquoi les nouveaux entrepreneurs tardent à présenter leur idée de produit/service à des clients potentiels. La possibilité de se faire dire que notre bébé n’est pas aussi beau qu’on le pensait est définitivement une source de stress.

Vous vous souvenez que plus tôt nous avons vu que d’agir de façon contraire à nos valeurs nous créait un stress?

C’est pourquoi de nombreux entrepreneurs ressentent du stress lorsque vient le temps d’aller vendre leurs produits/services.

Plusieurs voient l’acte de vendre comme s’introduire sans invitation, de convaincre le client à se départir de son argent ou même de forcer son point de vue sur l’autre. Toutes ces actions sont peu respectueuses ce qui va à l’encontre d’une valeur quasi-universelle.

Le résultat des courses est que nous éviterons, aussi longtemps et souvent que possible, d’aller devant les clients pour vendre.

 

Les types de procrastination

motivation entrepreneuriale - Baker Marketing Lorsque nous pensons à procrastination, nous pensons surtout à la personne qui, plutôt que de faire ce qu’il/elle doit faire, ira regarder un film, faire une sieste ou autre activité ludique/reposante.

C’est en effet une forme majeure de procrastination. Il y a par contre une autre forme de procrastination qui est beaucoup plus insidieuse et commune auprès des entrepreneurs.

Il s’agit de la procrastination où on substituera une tâche, voir même une dizaine, à celle qui doit être faite.

L’entrepreneur s’occupera donc de son site web, de peaufiner son produit, de réseauter, de discuter avec ses employés, lires les nouvelles….enfin des mille autres tâches à faire plutôt que de faire celle prioritaire mais dont il/elle n’a pas envie.

La meilleure façon de vaincre ces sources de procrastination sont d’aligner les tâches, que nous évitons de faire parcequ’elles sont sources de stress, avec nos valeurs.

Par exemple, si on approche la vente de son produit/service comme une façon d’aider son client à résoudre un problème (en prenant pour hypothèse que cette vision est alignée avec nos valeurs), plutôt que de le convaincre à changer d’idée, la tâche devient significativement moins stressante et de plus, une des récompenses (réussir à résoudre un problème) est beaucoup plus immédiate.

 

Conditions gagnantes à la motivation entrepreneuriale

Un esprit sain dans un corps sain

motivation entrepreneuriale - Baker Marketing Il y a des conditions gagnantes sous-jacentes à la motivation. Bien se nourrir, dormir suffisamment, faire de l’exercice régulièrement et avoir des relations significatives[3] dans notre vie nous aide à garder notre motivation.

Douleur et récompense

Des études ont aussi démontré que, lorsque la ‘’douleur’’ de ne pas accomplir une tâche est supérieure à celle de l’accomplir, l’humain retrouvera sa motivation et agira. On peut donc se servir de ce fait afin d’incorporer des ‘’douleurs’’ à ne pas accomplir une tâche et/ou s’offrir des ‘’récompenses’’ lorsque la tâche est accomplie. Les termes douleurs et récompenses sont utilisés ici au sens figuré. Je ne suggère à personne de sortir le fouet. Un exemple de douleur serait d’annoncer à des gens que nous admirons (collègue, fournisseur, employé, ami, etc.) que nous accomplirons une certaine tâche pour une période X. La douleur serait de les décevoir si on ne tient pas parole.

Manger l’éléphant un morceau à la fois

Aussi, si une tâche est trop longue à accomplir, la récompense est loin dans le temps. Il suffit alors de trouver une façon de briser la tâche en plusieurs petites tâches qui demandent moins de temps à compléter ou de s’offrir des récompenses (une marche au parc, une tablette de chocolat, etc) lorsqu’on en termine une partie.

Créer la routine

motivation entrepreneuriale - Baker Marketing L’automatisme est responsable d’une large part de nos actions. Ces automatismes ne requièrent pratiquement aucune motivation. Bien que la honte qu’on pourrait ressentir à sortir sans vêtements serait une excellente source de motivation, ce n’est généralement pas ce qui nous motive à nous habiller le matin. On le fait par automatisme.

Afin de créer des automatismes, il faut se créer une routine. Donc, en cédulant dans notre horaire, préférablement au même moment de la journée, une activité récurrente que nous devons accomplir, nous favorisons la création d’automatismes. Après un certain temps, notre cerveau ressentira même un certain stress si nous n’accomplissons pas cette tâche au moment prévu. Voilà, nous avons réussi à nous créer une ‘’douleur’’ qui nous motivera à agir.

L’action

La sagesse populaire veut que la motivation engendre l’action. Des études de psychologues américains et européens prouvent que le contraire est également vrai. Plus on agit, plus on est motivé et, oui, plus on agit. Ce qu’il faut retenir c’est que très souvent l’action débute le bal et non la motivation.

Mais comment agir si on n’en a pas envie? En fait, souvent lorsque nous ressentons une panne de motivation, nous ne sommes pas motivé à  accomplir une ou certaines tâches spécifiquement. La tactique, déjà mentionnée, de briser notre tâche en de multiples sous-tâches (ou même de considérer des tâches connexes) nous aidera à en trouver une que nous sommes prêt à faire. Même si accomplir ce bout de tâche n’est pas logique ou efficace au départ, simplement le fait de se mettre dans le bain et d’agir nous aidera à repartir la machine. Même accomplir une action qui n’a rien à voir avec la tâche à faire peut suffire à nous donner la motivation nécessaire à amorcer cette tâche dans la mesure où elle nous fait bouger.

Bien qu’il soit tout à fait normal de perdre sa motivation entrepreneuriale occasionnellement, bien connaître les mécanismes de notre motivation et se donner des conditions gagnantes pour l’entretenir nous permet de limiter nos pertes de motivation et de repartir la machine au besoin.

[1] https://scottjeffrey.com/personal-core-values/ ou https://www.mantelligence.com/how-to-define-your-list-of-personal-values/ en sont deux exemples.

[2] Fait par Mathias Durand de www.procrastination.com

[3]  C’est pourquoi l’isolement entrepreneurial doit être contré par des activités de réseautage ou des rencontres avec amis, familles et collègues régulières.

Mentorat de démarrage – Leçons apprises

Mentorat de démarrage – Leçons apprises

Dans le billet précédent, nous avons vu un bref sommaire de la première année d’existence de Mentors Montréal.  Nous avons dressé un portrait des mentors et des entrepreneurs ainsi que du fonctionnement de la communauté.

Dans ce billet, nous nous attarderons sur les leçons apprises à ce jour. Je vous raconterai également l’histoire d’une entrepreneure en devenir et de l’impact que Mentors Montréal a eu dans sa vie. Enfin, des suggestions de pistes à suivre, afin d’améliorer l’offre de services de mentorat pour les entrepreneurs en devenir à Montréal, seront offertes.

 

Mentorat de démarrage - Baker MarketingLeçons apprises

On peut catégoriser les types de questions provenant des entrepreneurs en devenir en trois niveaux.

Informations ponctuelles

Il s’agit de questions du type Pourriez-vous me recommander une personne dans l’organisme ou l’entreprise X ou Dois-je facturer la TPS/TVQ dans telle circonstance?

Ce type de question fait généralement partie d’un processus de recherche d’information déjà amorcé et fait souvent appel au réseau du mentor ou à  une connaissance spécifique d’information.

Elles peuvent être répondues directement.

Le mentor peut aussi utiliser ce type de questions pour aborder l’importance du réseau d’affaires et s’assurer que le mentoré déploie des efforts adéquats pour construire son propre réseau.

Acquisition de connaissances/compétences

Ces questions sont du type Où puis-je trouver du financement? Ou Connaissez-vous un bon comptable, avocat ou autre professionnel?

Ce sont les questions les plus fréquentes. L’entrepreneur fera face presque quotidiennement à ce genre de questionnement tout au long du cycle de vie de son entreprise.

Bien que le réflexe du mentor est souvent de lui donner une réponse directement, il est plus utile pour l’entrepreneur de le guider dans  le processus cognitif qu’il doit développer afin de non seulement trouver réponse seul(e) mais aussi s’assurer qu’il/elle se pose la bonne question.

Un exemple de réponse à la question sur le financement serait :

Quelles démarches as-tu fait pour trouver du financement à date? 

L’objectif ici est de comprendre le processus cognitif déjà enclenché pour répondre à la question

À quoi servira ce financement?

Permet de faire prendre conscience à l’entrepreneur qu’il existe des outils de dette appropriés pour chaque type de besoin. On peut amorcer une réponse à ce stade en lui parlant des différents organismes qui offrent des types précis de financement.

Comment le montant sera-t-il repayé?

Permet la prise de conscience des coûts et autres contraintes liées au financement

Y-a-t-il une autre avenue que le financement pour accomplir ton objectif?

Une fois les coûts et contraintes liés à la dette réalisés, l’entrepreneur sera plus ouvert à explorer d’autres sources de capitaux.

Questions existentielles

Ce type de questions touche les motivations,  préférences et le caractère de l’individu

Elles sont du type Est-ce que j’ai ce qu’il faut pour être entrepreneur?

Il est plus utile ici aussi de guider l’entrepreneur dans sa réflexion plutôt que d’essayer de formuler une réponse. D’abord parce que le mentor n’a pas la réponse à ce type de question. Ensuite, parce que l’entrepreneur doit prendre conscience de nombreux facteurs sous-jacents à sa question afin d’y trouver réponse par lui ou elle-même.

Un exemple de questions posées par le/la mentor pourrait être :

Qu’est-ce que ça veut dire pour toi d’être entrepreneur?

Permet de comprendre les attentes et craintes du mentoré.

Comment vois-tu le quotidien d’un entrepreneur? (si pas déjà répondu à la 1ère question)

Le mentor peut ici partager des tranches de son quotidien qui aideront le mentoré à avoir un portrait plus complet de l’entrepreneuriat.

Qu’est-ce qui t’effraie le plus dans la possibilité d’être entrepreneur? (si pas déjà répondu à la 1ère question)

Souvent, le mentoré a des craintes non fondées. C’est le moment de les dissiper. Lorsque ses craintes ont un fondement, le mentor peut partager les traits de caractères ou astuces qui lui ont été les plus utiles pour surmonter les difficultés mentionnées. Cela permettra à l’entrepreneur de juger s’il/elle possède les attributs nécessaires ou si il/elle veut faire l’effort pour les développer.

Il ne s’agit ici, bien entendu, que d’exemples de réponses. Le contexte du mentoré influencera fortement l’approche prise par le/la mentor. L’idée directrice est, dans la mesure du possible, de s’assurer que le/la mentoré(e) reparte avec non seulement les réponses nécessaires mais surtout les outils cognitifs pour trouver réponses à ses prochaines questions. On n’arrive pas à ce type de résultat avec une seule rencontre mais au cours de multiples échanges.

Une dyade mentorale (relation mentor/mentoré) peut durer une vie. En moyenne, par contre, le/la mentore aura transmis une majeure partie de son savoir être entrepreneurial en 18-24 mois de rencontres mensuelles.

 

Mentorat de démarrage - Baker MarketingL’histoire de Marie, entrepreneure en devenir

Les leçons apprises donnent un aperçu de ce qu’un entrepreneur en devenir peut s’attendre à obtenir de la part d’un/e mentor(e).  En concret, un mentor peut avoir un impact très significatif non seulement sur l’évolution professionnelle mais également personnelle de son/sa mentoré(e).

Je vous offre l’histoire véridique de Marie (nom fictif) qui s’est présentée à une rencontre de Mentors Montréal au printemps dernier.

Jeune professionnelle qui travaillait depuis 4 ans dans le secteur institutionnel de la santé, Marie n’arrivait pas à exercer sa profession en fonction de ses valeurs. Elle a donc songé à démarrer sa propre entreprise.

Sa famille et ses amis l’en dissuadaient. Professeurs, fonctionnaires, employés de longue date, aucun d’entre eux n’avait été exposé à l’entrepreneuriat.  Ils l’incitaient fortement à conserver son emploi bien rémunéré et assuré à l’hôpital. Marie, qui ne connaissait rien à l’entrepreneuriat, n’avait où se tourner.  Tout ce qu’elle savait est qu’elle était malheureuse.

Son copain, qui désespérait de voir Marie décrépir émotionnellement au quotidien, lui suggéra d’assister à une rencontre de Mentors Montréal, afin de mieux comprendre ce qu’était l’entrepreneuriat.

Lors d’une première soirée à Mentors Montréal, Marie a pu échanger avec une demi-douzaine de mentors. Elle y a trouvé des oreilles attentives, de l’empathie, des suggestions et de nombreuses informations sur des ressources pertinentes.  Elle a pu, entre autre, repérer un organisme montréalais qui soutenait les entrepreneurs dans son secteur d’activité.

Quelques mois plus tard, lors d’une rencontre subséquente de Mentors Montréal, Marie accompagnée de son copain et resplendissante de bonheur, m’a prise par la main et m’a dit, je dois vous parler.

Les yeux brillants Marie a raconté son parcours des derniers mois. Suite aux suggestions de mentors rencontrés, Marie s’était intégrée dans la communauté entrepreneuriale de son secteur d’activité. Elle a offert ses services bénévolement à trois entreprises en démarrage, qui l’intéressait, pendant qu’elle continuait son travail à l’hôpital.

Après quelques semaines,  convaincue qu’elle serait entrepreneure, mais qu’elle avait encore beaucoup à apprendre, Marie a intégré à titre d’employé à temps plein une des entreprises en démarrage où elle était bénévole.  Son objectif était d’y travailler 9-12 mois tout en démarrant sa propre entreprise.

Marie m’a confié qu’avant sa rencontre avec les mentors de Mentors Montréal, elle se voyait prise dans un emploi qui l’obligeait à agir à l’encontre de ses valeurs pour le restant de ses jours ou à refaire une autre formation. La découverte de l’écosystème entrepreneurial montréalais lui a redonné espoir qu’elle pouvait pratiquer sa profession selon ses valeurs et à sa façon.

Son copain, qui assistait à l’échange et souriait sans cesse, a dit qu’il n’avait jamais vu Marie si heureuse. Il la voyait s’épanouir à vu d’œil depuis les dernières semaines.

J’ai reçu un long message de Marie il y a quelques semaines.  Elle et son copain sont maintenant mariés. Ils ont quitté Montréal pour le Qatar, où  son conjoint a obtenu un poste qu’il convoitait.  Elle est à mettre en place son entreprise.  Elle m’a confié que, sans son élan entrepreneurial, elle n’aurait jamais accepté de suivre son conjoint.  Elle est maintenant emballée, bien qu’un peu effrayée, à l’idée de démarrer son nouveau projet tout en apprivoisant la culture entrepreneuriale locale.

Marie n’est qu’une des douzaines d’entrepreneurs en devenir dont le parcours professionnel, et parfois personnel,  a été modifié suite à ses rencontres avec des mentors.

Ce qui est très valorisant à titre de mentor, œuvrant auprès d’entrepreneurs en devenir, est la satisfaction de débloquer ce potentiel entrepreneurial chez certains individus et de les voir s’épanouir  à travers leurs projets.

 

Mentorat de démarrage - Baker MarketingPistes d’amélioration

Il manque en fait bien peu d’éléments pour rendre le mentorat d’affaires plus accessible aux entrepreneurs montréalais en devenir[1].

Montréal est doté d’un superbe écosystème entrepreneurial. Qu’il s’agisse de communautés meetups dédiés aux entrepreneurs, d’incubateurs, de labs, de hackathons, d’organismes d’aide aux entrepreneurs, d’accélérateurs (sectoriels ou universitaires) ou d’organismes de capitaux de risques tous les services possibles sont offerts aux entrepreneurs.

Le mentorat d’affaires est souvent un des services de ces organismes. Chacun d’entre eux a sa propre base de mentors. Si bien qu’un entrepreneur en devenir doit dans un premier temps repérer l’organisme qui offre l’accès à un mentor, satisfaire ses critères d’admissibilité (ce qui est impossible pour ceux en phase de réflexion) et trouver le ou la mentor(e) avec qui il/elle se sent confortable.  Un parcours qui en décourage plusieurs.

Un répertoire centralisé de mentors

Un répertoire centralisé de mentors, commun aux différents organismes d’aide aux entrepreneurs,  faciliterait l’accès au service de mentorat. Cela tant pour les organismes d’aide que pour les entrepreneurs.

Multiplier les points d’accès

Les organismes d’aide pourraient, par exemple, offrir un local où un mentor résidant (plusieurs mentors en rotation) accueillerait les entrepreneurs avec ou sans rendez-vous. Les organismes pourraient se relayer de façon à  partager les coûts liés à l’utilisation du local et assurer un accès permanent.

Publiciser les services de mentorat

La plupart des organismes d’aide, dont la mission première n’est pas le mentorat, publicisent très peu leur offre de service mentorale, qui est généralement réservée à leurs clients.

Si tous les organismes d’aide rendaient visible sur leur site web ou leur autres plateformes de médias sociaux la possibilité de rencontrer un mentor d’affaires (non seulement pour leurs clients, ce qu’ils font déjà), cela aiderait grandement à accroître l’accessibilité.

Retirer les contraintes

L’accès aux services de mentorat pour les individus en réflexion ou au début de leur démarrage devrait être libre de toute contrainte et lié à aucun critère d’admissibilité. Leur avenir étant souvent incertain et leur profil très varié, toute contrainte agirait à titre de frein.

Idéalement les mentors ne seraient pas des conseillers de l’organisme hôte mais bien des mentors bénévoles indépendants à qui on offrirait un espace gratuit où rencontrer des entrepreneurs en devenir pour quelques heures.

Cela n’empêcherait en rien aux organismes d’utiliser la base de mentors pour leur propre programme en parallèle tout en imposant les contraintes qui leur permettraient de répondre à leurs objectifs respectifs.

Virtualiser l’accès

Une application,  rattachée au répertoire central des mentors, pourrait également permettre des rencontres virtuelles avec des mentors. Mentors Montréal explore, depuis quelques mois, diverses applications qui permettraient ces rencontres virtuelles.

Bien  que la clientèle visée par Mentors Montréal ne soit pas complètement monétisable (une partie n’est pas inclus dans la définition gouvernementale des usagers des organismes d’aide aux entrepreneurs), pour les organismes d’aide aux entrepreneurs elle peut par contre s’intégrer dans leur modèle d’affaires et servir de pépinière, de laboratoire et de lieu d’échange neutre avec les autres organismes à vocation similaires.

Cette première année d’opération de Mentors Montréal nous aura donc permis d’atteindre les objectifs fixés. Soit de desservir les besoins en mentorat d’affaires d’entrepreneur en devenir et de servir de laboratoire et de lieu d’échange neutre aux organismes montréalais d’aide aux entrepreneurs. Elle aura aussi permis à certains organismes du milieu, de mieux comprendre les besoins de cette clientèle en amont de l’entrepreneuriat.

Mentors Montréal poursuivra dans cette même lancée au cours de sa seconde année et travaillera, avec ses partenaires, à accroître l’accessibilité et améliorer l’offre de services de mentorats d’affaires aux entrepreneurs montréalais en devenir.

[1] Le mentorat d’affaires est déjà très accessible à Montréal aux entrepreneurs qui sont bien avancés dans leur démarrage ou en opération.

Mentors Montréal – Le mentorat d’entrepreneurs en devenir

Mentors Montréal – Le mentorat d’entrepreneurs en devenir

 

Ce billet s’adresse principalement aux mentors d’affaires qui s’intéressent au mentorat de pré-démarrage et de démarrage ainsi qu’aux organismes qui desservent ces entrepreneurs en devenir. Il a pour objectif de partager l’expérience de la première année d’opération de la communauté Mentors Montréal créée spécifiquement pour desservir ces clientèles encore mal desservies dans la région de Montréal.

Mentorat d'affaires - Baker MarketingQu’est-ce que le mentorat d’entrepreneurs en devenir?

La définition pure du mentorat  implique une relation de soutien, d’aide, d’échange et d’apprentissage entre un mentor (préférablement bénévole) et un mentoré, dans le but de développer le mentoré.

La version plus puriste du mentorat d’affaires repose principalement sur la transmission du savoir-être entrepreneurial. La transmission de savoir-faire étant plutôt associée au coaching.

Il est important ici de ne pas confondre mentorat d’affaires et mentorat professionnel. Ce dernier a pour objectif le développement de compétences et/ou de faciliter l’ascension des échelons professionnels (à l’intérieur d’une même entreprise ou non).

Dans la culture populaire nord-américaine le mentorat d’affaires est axé sur la santé financière et la pérennité de l’entreprise plus que sur le savoir-être entrepreneurial.

Ce type de mentorat, qu’on qualifie parfois de mentorat à l’américaine, implique que le mentor peut agir également à titre de coach ou même de conseiller afin de prendre le chemin qu’il ou elle juge le plus court vers la santé financière de l’entreprise. Ce type de mentor partagera son réseau d’affaires, référera des clients et ira même jusqu’à investir financièrement dans l’entreprise de son mentoré.

Pour de plus amples détails sur l’offre de services de mentorat d’affaires à Montréal je vous invite à lire mon billet intitulé Démystifier le mentorat d’affaires à Montréal.

Le mentorat d’affaires, même dans sa version puriste, implique une portion de coaching (ou de savoir-faire). Généralement, plus l’entrepreneur possède d’expérience entrepreneuriale (dans son secteur d’activités), moins il a besoin de coaching (savoir-faire).

Inversement, puisqu’on ne devient pas entrepreneur automatiquement le jour où on décide de se lancer en affaires, les entrepreneurs en début de parcours ont un plus grand besoin de coaching (savoir-faire).

Corollairement un entrepreneur en début de parcours est aussi généralement moins réceptif à la transmission de savoir-être entrepreneurial puisqu’il n’est pas encore rendu à cette étape de son cheminement.

Mentors Montréal - Baker MarketingMentors Montréal

Il y a près d’un an maintenant, j’ai créé à l’aide de nombreux bénévoles, la communauté de Mentors Montréal.

Mentors Montréal compte plus de 250 participants dont environ le tiers est des femmes. Mentors Montréal regroupe plus de 50 mentors qui ont un minimum de 2 années d’expérience entrepreneuriale ou qui ont œuvré depuis de nombreuses années auprès d’entrepreneurs en devenir.

Principaux objectifs de Mentors Montréal

L’objectif premier de Mentors Montréal est de desservir les besoins en mentorat/coaching d’affaires des individus en pré-démarrage (réflexion) ou au début de leur période de démarrage (idéation et début de l’étape de découverte).

Un second objectif est d’offrir un terrain neutre d’échange, d’observation de la clientèle et d’expérimentation aux différents organismes montréalais dont la mission est (en totalité ou en partie) d’informer, de coacher et/ou de mentorer ces entrepreneurs en devenir.

L’équipe de Mentors Montréal

Présentement, autre que l’auteure de ces ligne, l’équipe de bénévoles qui permet à Mentors Montréal d’exister se compose d’employés d’organismes du milieur. Les organismes représentés sont l’École des entrepreneurs (ancien SAJE en Affaires), Futurpreneur, la Fondation Montréal Inc. et le Réseau M, qui est également un de nos deux commanditaires (l’autre étant Desjardins qui nous offre l’espace pour les rencontres). Les autres bénévoles sont (ou ont été)  des entrepreneurs ou gestionnaires chevronnés impliqués dans la communauté entrepreneuriale montréalaise.

Il est important de noter que ces employés, à une exception, contribuent bénévolement et à titre personnel à l’organisation des rencontres de Mentors Montréal. Il va sans dire qu’il s’agit de gens passionnés d’entrepreneuriat et fortement engagés dans la communauté entrepreneuriale montréalaise.

Les mentors

Le profil des mentors varient grandement. Certains ont plus de 20 ans d’expérience et sont chefs d’entreprises d’envergure internationales. D’autres sont des travailleurs autonomes ou ont démarré leur entreprise il y a à peine quelques années.  Leur âge varie entre 25 et 65 ans avec une majorité entre 40 et 55 ans. Leur secteur d’activité est également très varié avec une légère concentration dans le secteur des TI.

Suite à une vérification de leur parcours professionnel les mentors, qui s’inscrivent à la communauté via la plateforme Meetup, n’ont qu’à se présenter aux rencontres, lorsque disponibles, et aider, du mieux qu’ils ou elles le peuvent les mentorés présents.  Les mentors sont libres de revoir ou non les mentorés à l’extérieur des rencontres.

Mentors Montréal - Baker Marketing

Les rencontres

Les rencontres de Mentors Montréal ont lieues aux 4 à 6 semaines (jusqu’à présent dans le superbe Desjardins lab du Complexe Desjardins) et offre l’accès à une dizaine de mentors ou plus pour des sessions de speed mentoring qui durent de 10 à 15 minutes chacune. Elles sont annoncées deux ou trois semaines à l’avance.

Suite à une brève présentation des mentors, un participant rencontrera jusqu’à 5 ou 6 mentors pendant une soirée lors de séances de speed mentoring. Le format de la soirée est également propice au réseautage et aux échanges entre participants.

 

Mentorat d'affaires - Baker MarketingProfil des participants

La grande majorité des membres de Mentors Montréal sont des entrepreneurs en devenir à l’une des deux étapes suivantes :

Pré-démarrage (15 à 20%)

Ces individus sont à l’étape de la réflexion et n’ont pas encore pris une décision ferme quant à savoir s’ils feront le saut vers l’entrepreneuriat ou non. Ils peuvent ou non avoir une idée de produit ou service à offrir mais n’ont fait aucune démarche pour la développer. Ils ont généralement peu ou pas d’information sur les ressources disponibles aux entrepreneurs.

Début du stade de démarrage (65-80%)

Ces individus ont décidé de poursuivre leur idée entrepreneuriale. Une majorité ne le fait pas encore à temps plein. Ils sont généralement au stade d’idéation ou, dans une moindre proportion, au début du stade de découverte. Ils n’ont souvent pas encore une modèle d’affaires précis en tête. Ils ont généralement une bonne idée des ressources disponibles aux entrepreneurs bien qu’ils en aient encore à découvrir.

Dans ces deux catégories ont retrouve une majorité qui appartient à un des trois profils suivants:

  1.  Étudiant universitaire ayant terminé ses études. Il a parfois une courte expérience en grande entreprise ou institution. Plus souvent, il ne trouve pas un travail (rémunéré) dans son domaine et se tourne vers l’entrepreneuriat pour acquérir de l’expérience.
  2.  Professionnel immigrant, souvent hautement qualifié, ayant de la difficulté à s’intégrer dans le marché du travail.
  3. Professionnel d’expérience, ayant œuvré ou œuvrant dans la grande entreprise. Il, ou moins fréquemment, elle a perdu son emploi, l’a quitté volontairement ou songe à le faire.

Mentors Montréal - Baker MarketingBesoins des entrepreneurs en devenir en matière de mentorat/coaching

Les besoins varient significativement selon le stade où se situe l’individu.

 

Pré-démarrage

Les besoins de ces individus, parfois entrepreneur en devenir parfois non, se situent principalement à un de ces trois niveaux.

  1. Accompagnement dans leur décision de se tourner vers l’entrepreneuriat ou non
  2. Comprendre ce qu’est l’entrepreneuriat; le quotidien et les implications pratiques (incorporation ou non, comment obtenir un no. de TPS/TVQ, location d’espace de travail, site web, assurances, gestion du temps, etc.)
  3.  Connaître les ressources disponibles aux entrepreneurs (informations, formations, financement, etc.)

Début de démarrage

Les besoins de ces entrepreneurs en devenir sont un peu plus variés. En majeure partie, ils se retrouvent à un des niveaux suivants.

  1. Comment vendre
  2. Clarification du modèle d’affaires ou de certaines de ses composantes
  3. Bâtir son réseau d’affaires
  4. Financement et partenariat

Dans le cas des immigrants récents on peut ajouter à cette liste le besoin de comprendre la culture d’affaires locale.

Dans la seconde et dernière partie de ce billet je traiterai des leçons apprises sur le mentorat pour entrepreneurs en devenir et de certains des impacts observés sur les membres de la communauté de Mentors Montréal depuis la dernière année.  Finalement, quelques pistes, qui permettraient d’améliorer les services de mentorat d’affaires pour les entrepreneurs montréalais en devenir, seront suggérées.

Démystifier le mentorat d’affaires à Montréal

Démystifier le mentorat d’affaires à Montréal

Vous êtes entrepreneur à Montréal1 et on vous a recommandé, plus d’une fois, de vous adjoindre un mentor.
Un premier ami entrepreneur vous parle de son mentor qui l’a aiguillé vers d’excellents fournisseurs, l’a introduit à de gros clients potentiels et a finit par investir dans son entreprise en démarrage. Un second vous raconte qu’une rencontre avec son mentor lui a permis de se rendre compte que trois gros problèmes dans son entreprise, qu’il tentait de résoudre depuis des mois sans succès, avaient une seule et même cause et pouvaient se régler rapidement. Une troisième vous avoue même que sans ses rencontres mensuelles de la dernière année avec son mentor, elle ne serait probablement plus en affaires aujourd’hui.
Ces histoires vous ont convaincus. Vous partez à la recherche d’un mentor.
Deux minutes sur Google vous montrent que non seulement il existe de nombreuses définitions du mentor, de ce qu’il (ou elle) fait mais aussi, qu’on trouve le mentor dans différents types d’organisations. La question se pose alors. Quelle est la meilleure option?

Le tableau qui suit donne un aperçu du mentorat d’affaires à Montréal.

Tableau 1 : Le mentorat d’affaires à Montréal

Organisation sourceProfil des
mentors
Activités typiques du mentorFrais ou coût en équitéRestrictions Age
Firme privée de mentorat d’affairesEntrepreneurs ou gens d’affairesSelon le besoin. Exécution de tâches; références de fournisseurs, partenaires; écoute active; coaching; mise de fonds; etc.$$$Aucune
Incubateurs reliés aux sociétés de capital de risqueEntrepreneursPartage de son réseau de contacts; coaching de gestion; partenaire d’affaires (mise de fonds ou temps convertis en parts dans l’entreprise)$$$Aucune
Sociétés de capital de risqueEntrepreneurs/ gens d’affaires/fonctionnairesPartenaire d’affaires; Partage de son réseau de contacts; coaching de gestion$$$Aucune
Meetups et autres regroupements d’entrepreneursAucun profil particulierTous types d’aide confondus. Rarement investisseur. Varie selon le groupe.GratuitAucune
Banque de Développement du Canada (BDC)Employés de la BDCCoaching de gestionGratuit. Accessible que pour les emprunteurs.18-35 ans
FuturpreneursEntrepreneurs ou gens d’affaires expérimentésPartage de son réseau de contacts; coaching de gestionGratuit pour les emprunteurs. 125$ (6 mois) autrement. Entrepreneur doit remettre des rapports de progrès.18-39 ans
Centres d’entreprenariat universitairesProfesseurs, gens d’affaires et entrepreneursCoaching de gestionGratuit et uniquement pour les étudiantsAucune
Fondation Montréal Inc.Administrateur d’expérience ou entrepreneurPartage de son réseau de contacts; coaching de gestionGratuit. Disponible pour les lauréats de la bourse Montréal Inc. uniquement.18-35 ans
Fondation de l’entrepreneurship – Réseau MMajoritairement des entrepreneursÉcoute active. Accompagnement. Travaille le savoir-être de l’entrepreneur 300$ (frais annuel) à Montréal.Aucune

Source : Baker Marketing 2015

Les organismes offrant du mentorat d’affaires à Montréal

Les firmes privées, les incubateurs (reliées aux sociétés de capital de risque) et les sociétés de capital de risque sont des entreprises à but lucratif et de ce fait, le mentor a plus souvent qu’autrement un intérêt financier dans votre entreprise. Du moins, il veut se faire payer ses honoraires. Les sociétés de capital de risque n’offrent pas le service de mentors. Elles imposeront cependant un gestionnaire qui, souvent, siègera au conseil d’administration, et qui sera là pour veiller aux intérêts des bâilleurs de fonds. Cet individu jouera un rôle similaire à celui du mentor en mettant son réseau de contacts à profit de l’entreprise et offrant des conseils en gestion au besoin.
Les organismes fédéraux tels la BDC et Futurpreneurs, bien que n’ayant pas une vocation à but lucratif, sont des bâilleurs de fonds. Dans le cas de la BDC, le mentor est un employé de la BDC qui surveille également les intérêts de son employeur. Les deux organismes demandent des comptes à l’entrepreneur.
Quelques centres d’entreprenariat universitaires tels District 3 de Concordia, ou le Dobson Centre for Entrepeneurship de McGill offrent l’accès à des mentors. Ceux-ci sont recrutés dans la communauté d’affaires montréalaise ou parmi le corps professoral et ne sont pas nécessairement des entrepreneurs ou des gens d’affaires.
La Fondation Montréal Inc., offre le service de mentorat aux lauréats présents et passés de ses bourses. Leurs mentors sont pour la plupart des entrepreneurs d’expérience. Le service de mentorat ne représente qu’une faible part des activités de Montréal Inc. qui, autre que ses bourses, focalise ses activités sur la formation et le coaching des entreprises en démarrage.
Certains Meetups et regroupements d’entrepreneurs annoncent les services de mentors. Ces derniers sont soient les organisateurs ou des membres du groupe ayant démontré un intérêt pour le rôle et agissent surtout à titre de coachs. Généralement, aucune expérience n’est requise pour le mentor. Le rôle de ces mentors n’est pas général mais porte sur le sujet d’intérêt du groupe (ex. Cercle Lean Startup de Montréal).
Le Réseau M, de la Fondation de l’entrepreneurship du Québec, offre le plus grand nombre de mentors au Québec et est divisé en cellules locales. Montréal compte 6 cellules distinctes.  Les cellules, bien que guidées par le Réseau M, sont libres de recruter les mentors qu’ils désirent. La plus importante cellule de mentors à Montréal (avec plus d’une trentaine de mentors), celle associée au centre-ville, compte une majorité d’entrepreneurs d’expérience.
Au cours des dernières années, la cellule centre-ville du Réseau M sélectionnait les mentorés parmi les dirigeants d’entreprises en croissance ou à maturité. Une récente réorganisation du Réseau M  semble indiquer que les dirigeants de start-ups seront également en mesure d’obtenir l’accompagnement des mentors.  Le réseau offre également les services de mentors spécialisés pour les étudiants universitaires, les cédants ou repreneurs d’entreprises.
Autre que pour les firmes privées et les mentors investisseurs, le mentor agit généralement bénévolement.

Mentorat - Baker MarketingQu’est-ce qui fait un bon mentor?

La réponse est aussi simple et aussi complexe que celle à la question Qui est un bon partenaire d’affaires ou un bon ami? La réponse varie selon votre personnalité, vos besoins et le stade où est rendue votre entreprise.

Bien qu’il s’agisse d’une vérité de la Palisse, je la mentionnerai de toute façon. Le ou la meilleur mentor est celui (ou celle) qui veut aider un entrepreneur à maximiser ses chances de succès, qui est disponible et qui est prêt à y consacrer suffisamment de temps.

Selon mon expérience (et aucune preuve scientifique), j’aurais tendance à dire qu’un entrepreneur d’expérience a plus de chances d’être un mentor apprécié qu’un individu qui n’a jamais démarré ou géré d’entreprise. Cette constatation s’applique particulièrement pour l’entrepreneur qui vit une situation de démarrage. Dans un premier temps, le mentor entrepreneur aura généralement une tolérance au risque similaire à son mentoré. De plus, le mentor entrepreneur aura également vécu un grand nombre d’expériences similaires à ce que son mentoré vit présentement (idéalement l’expérience du mentor est assez récente). Ces éléments aident énormément à comprendre la réalité de son mentoré. Enfin, le mentor entrepreneur aura généralement un vaste réseau de contacts dans lequel il pourra puiser pour mieux accompagner son mentoré. Ces constatations ne sont pas absolues puisqu’on parle ici de relations humaines. Un intra-preneur ou un employé dédié à son mentoré peut  faire un meilleur mentor qu’un entrepreneur trop occupé.

Afin de trouver le bon profil de mentor il faut aussi faire la distinction entre le mentorat pendant la période de démarrage (qui relève généralement plus du coaching que du mentorat), la période de croissance ou pendant un événement spécial tel la vente ou l’achat d’une entreprise. Encore ici, trouver un mentor qui a vécu assez récemment un événement similaire offrira un meilleur potentiel de satisfaction pour l’entrepreneur.

Une autre distinction importante est le type de mentorat recherché. Au Québec, les entrepreneurs ont l’opportunité d’avoir accès à du mentorat axé sur l’entreprise et du mentorat axé sur l’entrepreneur.

Le mentorat axé sur l’entreprise (ou mentorat de type américain)

À l’exception du Réseau M, tous les organismes de la région offrent principalement du mentorat d’entreprise. Ce type de mentorat implique que le focus du mentor est sur la santé financière et la pérennité de l’entreprise. Ses actions se concentrent surtout sur le savoir-faire. Le coaching occupe généralement une grande place dans ce type de dyade (relation mentor/mentoré). Le mentor utilise ses connaissances, compétences, ressources et/ou son réseau afin d’assurer la bonne santé financière de l’entreprise du mieux qu’il ou elle le peut. Ce type de mentorat est généralement le plus apprécié pendant la période de démarrage ou lors d’un projet d’expansion vers de nouveaux marchés.

Le mentorat axé sur l’entrepreneur

Le Réseau M offre un mentorat qui se rapproche le plus près de la définition traditionnelle du mentorat d’affaires.  Il a pour but de développer les compétences entrepreneuriales (et non de gestion) de l’individu. Son focus est le savoir-être. La relation entre le mentoré et son mentor se base sur un très haut niveau de confiance qui s’acquiert avec le temps. En aucun temps, le mentor doit-il avoir un intérêt pécuniaire, direct ou indirect, dans l’entreprise de son mentoré ou être en situation de conflit d’intérêts. Dans ce type de relation, le bien-être à long terme de l’entrepreneur prime sur celui de son entreprise. Le Réseau M offre également de la formation en mentorat à ses mentors et couvre le mentoré d’une assurance en cas de faute commise par le mentor.

Ce type de mentorat favorise la création de relations fortes et pérennes. Ce, même si la dyade mentorale s’estompe avec le temps.  Le mentorat axé sur l’entrepreneur est généralement le plus apprécié pendant les périodes de croissance, de maturité ou de décroissance de l’entreprise ou lorsqu’une situation de crise prévaut chez l’entrepreneur.
Le tableau 2 indique le type de mentorat généralement le plus apprécié en fonction de la situation de l’entreprise.

Tableau 2: Type de mentorat selon la situation de l’entreprise

Mentorat axé sur l’entrepriseMentorat axé sur l’entrepreneur
* Démarrage
* Projets d’expansion
* Croissance
* Maturité
* Décroissance
* Situation de crise
* Cession d’entreprise

Quel type de mentorat est le meilleur?

Le meilleur type de mentorat est celui qui répond le plus étroitement à vos besoins présents. Il faut également tenir compte du fait que ces deux types de mentorat ne sont pas mutuellement exclusifs. Le mentor de Montréal Inc. peut très bien vous aider à vous développer comme entrepreneur. La mentor du Réseau M peut, quant à elle, vous aiguiller vers un fournisseur de confiance ou vous suggérer des ressources qui vous montreront comment accomplir certaines tâches.

Il est aussi permis d’avoir plus d’un mentor. La force de la dyade réside dans l’adéquation entre vos besoins et les compétences et l’expérience du mentor. La volonté de part et d’autre de maximiser les impacts de la dyade et l’implication des deux parties dans la relation sont également des facteurs clés.

Ayant été mentorée pendant de nombreuses années et étant maintenant mentor depuis quelques années au sein du Réseau M, de Montréal Inc. et plus récemment avec le Cercle Lean Startup de Montréal, je vous peux vous assurer que la dyade mentorale est une des relations les plus enrichissantes qui soit tant pour le mentor que le mentoré

Je vous invite donc fortement à contacter un organisme offrant des services de mentorat qui correspondent à vos besoins/aspirations et, soit demander l’aide d’un mentor, ou d’offrir vos services.

(1): La situation étant très différente ailleurs au Québec ou au Canada, le texte qui suit s’applique au mentorat dans la région de Montréal.